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SRADDT
AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
Session du 17 avril 2009
Intervention du groupe Verts-Prg par Isabelle Maupin
Session SRADDT du conseil régional de Picardie
Monsieur le Président, monsieur le Président du CESR, mesdames, messieurs, chers collègues,
Il est de bon ton de ne pas parler des absents, je vais déroger à la règle une fois n’est pas coutume. Arnaud Caron comme vous le savez a rejoint la haute fonction publique mais le chantier dont nous parlons aujourd’hui — et dont il a eu la responsabilité de le mener à bien pratiquement de bout en bout — est d’une grande qualité.
Comme vient de le dire Pascal Dacheux qui suit maintenant brillamment ce dossier, c’est un bon document, qui est pragmatique, et qui regarde la réalité en face.
Toute la réalité, sans relever d’une vision territoriale purement administrative : l’importance du pôle de Roissy sur l’emploi est ainsi clairement rappelée.
Toute la réalité mais aussi la lucidité : les retards persistants et réels de la Picardie font partie du diagnostic soumis à la concertation, le retard dans la tertiarisation de notre économie est également souligné.
Il prend une tonalité particulière aujourd’hui dans le temps où les fermetures de sites industriels nous rappellent que les décisions économiques des grands groupes sont le plus souvent prises sans aucune considération pour les potentiels locaux.
Notre avenir passe tout à la fois par une plus grande ouverture de notre Région et une certaine forme de relocalisation sur une économie qui ne délocalisera pas cette fois. Alors oui, chers collègues, prenons le SRADDT comme une opportunité qui s’ouvre à nous pour remporter ces grands défis, ceux à l’horizon de 20 ou 30 ans : c’est demain pour nous, c’est le futur quotidien de nos jeunes.
Les changements climatiques, la nécessité d’apprendre à se passer de pétrole, la conversion vers une économie de l’après-carbone. Autant de défis qui bousculaient nombre de certitudes il y a peu et qui sont devenus des évidences, pour les citoyens d’abord, avant même de l’être pour la sphère politique.
Ce qui fait que ce document ne doit pas rester un papier : les efforts considérables qu’il a nécessité ne doivent pas rester lettre morte et cela nous donne une responsabilité particulière.
1 - L’effort doit maintenant porter sur la mise en œuvre des « produits de sortie » : les Directives régionales d’aménagement (DRA) et les Grands projets régionaux (GPR) relèvent de notre volonté. Il nous faut être exigeants quant à leur mise en œuvre.
2 - Ces documents devront être rédigés dans l’esprit du SRADDT et de l’agenda 21. Le fait que les DRA (un produit de sortie intéressant mais non « opposable » comme le SDRIF) ne soient pas contraignantes... soulève la question de leur mise en œuvre.
Certainement la bonne volonté des collectivités devra se confronter au pouvoir de négociation du financeur, c’est-à-dire notre collectivité.
3 - Ces documents devront réellement avoir des conséquences pratiques : cela passe par une éco-conditionnalité qui doit devenir réelle : il faut aller au-delà de l’éco-bonus et « ne plus jouer » avec ceux qui ne jouent pas le jeu. En finir avec la logique de guichet : le SRADDT en est une opportunité supplémentaire. Alors certes, on peut toujours prétendre ne pas financer la part Région, si une collectivité veut passer outre la contrainte de la DRA, il n’y a pas de sanction « négative ». On n’encourage pas, c’est tout. Mais d’autres questions se posent.
Quand bien même une collectivité s’accorderait avec les éléments de la DRA, comment se fait l’arbitrage entre l’économie et l’environnement ?
Entre un projet créateur d’emplois mais douteux pour l’environnement, la tentation sera grande de le rendre « acceptable », moyennant un toilettage du projet...
Et nous devrons rester très vigilants sur ces sujets. D’autant que nous sommes peut-être à la veille d’évolutions législatives qui pourraient conforter le rôle d’aménageur des Régions : j’allais utiliser les termes de « produit de sortie » pour le rapport Balladur dont la concrétisation devrait être à échéance de quelques semaines maintenant.
Sachons poser les gardes-fous réels devant certaines tentations des territoires : la croyance, la foi en l’infrastructure qui fait le développement (un canal, une autoroute, une rocade, une route départementale… « Construisez un tuyau, il se trouvera du fluide pour entrer dedans ». Malheureusement, la réalité dément régulièrement cette approche un peu passéiste et le rôle du SRADDT, véritable interface entre les politiques régionales, est une occasion de les mettre davantage en résonance entre elles.
Un exemple récent : la Région a déjà bien investi sur les routes, et ces investissements routiers — prévus dans les contrats Département-Région en annexe du CPER — l’ont été « pour solde de tout compte ». Il n’est ainsi plus question que la Région finance de nouvelles routes puisque le trafic diminue désormais et que nous avons enregistré en quelques années un report sur les transports collectifs : + 30 % de fréquentation en 5 ans, voilà notre priorité !
Deuxième exemple : l’étalement urbain. Nous serons sollicités sur le financements de ZAC qui ne seront pas accessibles à vélo et en transports en commun. Cet étalement tient aussi à la nature des activités que nous soutenons : on sait que la densité d’une entreprise de logistique est de un emploi à l’hectare. Que de pertes d’opportunités quand on sait la pression foncière qui pèse sur l’agriculture biologique, le logement…
Troisième donnée : le « mix » social-environnemental. On sait que les pauvres seront les premières victimes... de nos mauvais choix. Des choix de courte vue quand des logements au « tout convecteur » sont encore subventionnés. Des choix qui placent nos citoyens et nos territoires dans la case « relégation ».
Le SRADDT, c’est une feuille de route. Mais sa mise en œuvre tient de notre volonté de sortir des schémas anciens, ceux qui ont conduit la Picardie là où elle est actuellement.
Enfin, j’en viens à la dimension démocratique de notre démarche. Le temps de concertation qui s’ouvre est crucial. Mais il y aura le temps de l’après-concertation et cette dimension devra être pérennisée. Effectivement, nous pensons que le développement durable ne se décrète pas, et que c’est par une acculturation, c’est-à-dire l’adhésion aux valeurs et aux exigences du développement durable, que nous parviendrons à une mise en œuvre gagnante des DRA.
C’est d’ailleurs une des ambitions de notre Agenda 21 actuellement mis au débat.
C’est pourquoi nous soutenons l’idée d’un SRADDT permanent, un moyen d’en partager les ambitions en construisant avec l’ensemble des acteurs le contenu des grands projets et des DRA. Voilà l’état d’esprit de notre groupe chers collègues, il tient en trois mots : responsabilité, volonté et dialogue.
Isabelle MAUPIN
Présidente du groupe

Documentation sur demande au 03 22 97 37 50
Plus d’infos sur :
http://www.picardie.fr/spip.php?art...
Sommaire du document
Introduction : Un SRADDT nouvelle génération
14Innover quant au rôle du SRADDT
24Innover sur le contenu du SRADDT
34Innover dans la méthode de concertation
Chapitre 1 : Le modèle Picard
Les permanences picardes
14Une région d’entre deux
24Une économie industrielle et agricole héritée
34Un maillage de petites villes et une imbrication ville campagne
44Un niveau de formation qui progresse mais dont l’écart avec le niveau national s’accroît
Les influences externes
14Une augmentation des influences
24Une diversification des influences
34Un rééquilibrage des flux
44Une diffusion des influences : de la dépendance à l’interdépendance
Les mutations induites par la diversification des influences
14La diversification des populations
24La mutation du système productif : logistique et secteurs de pointe
34Le développement de l’économie résidentielle
44La concurrence dans les usages de l’espace
Les grands éléments de prospective
14Les changements climatiques et la nouvelle donne énergétique
24Vers une nouvelle économie territorialisée
34Vers l’autonomie généralisée : moins de déplacements, plus de mobilités
Synthèse
Chapitre 2 : Ouvrir les territoires picards au dehors et au dedans
Premier parti pris : L’ouverture à 360° : s’inscrire dans les réseaux, développer les échanges
L’argumentaire
Les objectifs
14Tirer parti d’un bassin de consommation européen à 360°
24Une nouvelle place d’interface grâce à l’organisation de faisceaux interrégionaux
Des nouvelles modalités de gouvernance à envisager
14Conforter l’interrégionalité émergente à l’échelle du grand Bassin Parisien
24Renforcer la visibilité de la Picardie
Second parti pris : La métropole en réseau : assumer la multipolarité, impulser une nouvelle approche ville-territoire
L’argumentaire
Les objectifs
14Renforcer l’armature urbaine en consolidant la métropole picarde multipolaire
24Développer « la ville autrement » dans les territoires, en organisant les fonctions d’excellence et de proximité
34Développer la fluidité des mobilités
Des nouvelles modalités de gouvernance à envisager
14Favoriser un dialogue permanent entre les villes piliers
24Mettre en place une approche renouvelée de la territorialisation des politiques publiques
Les partis pris du SRADDT : une contribution à l’Eco-Région Solidaire
14Pour le développement économique
24Pour la cohésion sociale
34Pour la protection des ressources environnementales et la prise en compte de la problématique de l’énergie
La vision régionale
Chapitre 3 : Créer les conditions d’une mobilisation des picards autour d’une ambition collective régionale
Renouveler le modèle d’intégration sociale en développant toutes les formes de mobilité
14Faciliter les mobilités résidentielles
24Sécuriser les mobilités professionnelles
34Encourager les mobilités culturelles
44La santé, un préalable à toute forme de mobilité
Associer les Picards au projet régional
14Donner les outils pour créer, favoriser l’inventivité
24Renforcer la démocratie participative et l’investissement des Picards dans la vie publique
Chapitre 4 : Les déclinaisons opérationnelles du SRADDT PERMANENT
Une gouvernance rénovée et outillée
14Des espaces de dialogue pour fédérer et pour construire ensemble
24Une ingénierie et une expertise régionales partagées au service des planifications stratégiques
34Un suivi et une évaluation permanents
Les déclinaisons opérationnelles du SRADDT
14Les Grands projets régionaux
ß Le projet Picardie Creil-Roissy
ß
ß Le projet Porte verte européenne
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ß Le projet Multimodalité et échanges
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ß Le projet Installation durable
ß
ß Le projet Côte Picarde Vallée de Somme
ß
24Les Directives régionales d’aménagement
ß Assurer les continuités écologiques et les fonctionnalités dans les vallées picardes
ß
ß Développer les fonctions de centralité autour des quartiers de gare
ß
ß Développer la mixité des fonctions et préserver le patrimoine naturel dans les nouvelles campagnes
ß
34Des nouvelles formes de partenariats s’inscrivant dans une double logique de territorialisation et d’appui à la métropolisation
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